Pleine conscience, bien-être… Le zen dans tout celà?

Pleine conscience, Mindfulness…

Si vous avez suivi des cours de pleine conscience, des séances de méditation, si vous avez fait de la sophrologie, du yoga, des cours de shiatsu, etc, peut-être vous demandez-vous quels sont les liens ou les différences par rapport à la pratique du zen?

Vivre « éveillé », en « pleine conscience », avoir une vision profonde, sont bien entendu des valeurs centrales de la pratique du zen.

Notre propos n’est pas de faire une comparaison. Voici cependant, pour votre aide, quelques pistes de réflexion, quelques points clé concernant la voie du zen.

Voir aussi les valeurs du zen (Lien)

sutra de l'estrade

Le vrai zen est mushotoku

Mushotoku veut dire qu’il n’y a pas « quelque chose » à saisir.
«Sans saisie », « sans intention personnelle » : au-delà de toute notion de profit, au-delà de tout calcul.

Mushotoku est simplement le fonctionnement de la réalité telle qu’elle est. Tout l’univers est mushotoku; les animaux, les étoiles, les montagnes sont mushotoku.

Nous, les êtres humains, sommes empêtrés dans nos peurs, nos envies, nos projections et nous sommes rarement mushotoku. Autant d’entraves qui nous empêchent de vivre  pleinement conscients, ouverts à la réalité…

Celui/celle qui suit la voie du zen apprend à vivre la réalité telle qu’elle est, comme un Bouddha, comme un « être éveillé », comme l’univers. Il/elle s’adonne à la pratique de l’éveil au coeur de la réalité.  Il/elle apprend à être mushotoku.

Quant à ceux/celles qui ont une position de responsable dans le dojo, ils/elles consacrent leur temps à cela dans cet esprit, de manière bénévole. C’est leur contribution à l’humanité.

Lignée et transmission

Pour éviter toute dérive, toute velléité de pouvoir, le(s) responsable(s) d’un dojo zen doi(ven)t veiller à maintenir un lien fort avec un enseignant certifié du Dharma.
Le référent spirituel de notre dojo est Taiun JP Faure, abbé du monastère de Kanshoji et un des responsables de l’Association Zen Internationale.
La pratique qui est transmise s’inscrit de la sorte dans la continuïté d’une tradition qui nous est parvenue à travers la succession des maîtres zen, depuis le Japon, la Chine et l’Inde.

La voie du zen n’est pas une thérapie

Ni des séances de psychologie, ni une technique de bien-être, ni une technique de développement personnel, la voie du zen est au-delà.

Elle remonte à l’expérience de l’éveil que fit Bouddha Sakyamuni en Inde, il y a 2600 ans.

Cependant, c’est profondément touché par le problème de la souffrance que le Bouddha Sakyamuni se mit en quête de résoudre les problèmes existentiels inhérents à la condition humaine tels que la séparation, la vieillesse, la maladie, la mort…

Fortement déterminé à rester immobile en zazen tant que ces questions ne seraient pas résolues, c’est par cette pratique de l’assise silencieuse qu’il s’éveilla à la racine de la réalité et fut touché par la sagesse.

Une sagesse qu’il n’eut de cesse par suite d’enseigner. Mais en définitive les discours se révèlent trop étroits : la voie du Bouddha échappe aux mots et aux catégories et chacun est invité à pratiquer à travers son propre corps et son propre esprit.

La pratique du zen dépasse l’ordre du discours : ce discours qui bien souvent nous enferme !  Elle ne se focalise pas sur le moi.  C’est en ce  sens qu’elle n’est pas une thérapie. Elle invite à s’oublier soi-même.

C’est une autre manière de voir, une autre manière d’appréhender la réalité que dans le mode thérapeutique occidental.  Le moi n’est pas l’objet, il n’est pas pour autant rejeté…  Ni saisir, ni rejeter.

Le maître zen Dogen dit :

Pratiquer la voie du Boudha, zazen, c’est s’étudier soi-même
S’étudier soi-même, c’est s’oublier soi-même
S’oublier soi-même, c’est être certifié par les myriades de phénomènes

S’étudier en s’oubliant, c’est un « koan », un des nombreux paradoxes du zen !

Simplement, totalement assis : shikantazabodhisattva Manjushri

Zazen (« za » = assis, « zen » = méditation silencieuse) est la pratique-racine du bouddhisme. Zazen est shikantaza, simplement, uniquement, totalement assis.

Zazen est la « méditation » par excellence : sans objet, sans support , on ne médite sur rien, on ne se focalise sur rien. Mais par contre on s’ouvre à la totalité et on laisse apparaître les formations mentales sans s’en saisir!

Dans le silence et l’immobilité, le corps est droit (ni penché en avant, ni en arrière, ni à gauche, ni à droite).

Le corps et l’esprit ayant toujours été intrinsèquement liés, on est assis et on n’alimente pas les pensées, de même qu’on ne les rejette pas (ni avidité, ni aversion), ce n’est pas non plus un état sans pensée.

L’esprit n’est ni dans le futur, ni dans le passé, ni dans les peurs, ni dans les envies. Ici et maintenant, la voie est toujours sous nos pieds!
Pour Maître Dôgen (un des trois fondateurs de l’école zen sôtô), zazen et éveil sont une seule et même chose.

Toute action de la vie quotidienne est la VoieStatue de Kanon

Mais bien entendu, le zen ne se limite pas à la posture assise.  Le zen nous invite à vivre pleinement chaque action de notre vie, libérés des poisons de l’ignorance, de  l’aversion, de l’avidité. Libérés de la distraction…  Chaque instant est ainsi « réalisation », toute action de la vie quotidienne devient la voie.

On ne pratique pas le zen seulement pour soi, mais en faisant le vœu d’aider profondément toutes les existences.
Ainsi, la plupart du temps, à la fin du zazen nous chantons les vœux du Bodhisattva.
Le « bodhisattva » est l’être qui, dans la tradition, avant de devenir Bouddha fait le voeu d’aider toutes les existences. Il représente l’idéal de notre pratique.

Les quatre vœux représentent donc l’esprit dans lequel nous pratiquons qui est d’aider, de soutenir toutes les existences (y compris nous-mêmes, nos pensées, nos chaussures, nos proches, nos animaux de compagnie, etc…).

Ils s’énoncent comme suit :

Illimitées sont les existences, je fais le vœu de les libérer toutes.
Inépuisables sont les illusions, je fais le vœu de les déraciner toutes.
Incalculables sont les portes du Dharma, je fais le vœu de les pratiquer toutes.
Si parfaite que soit la voie du Bouddha, je fais le voeu de la réaliser. 

Dans le zen, on n’est jamais arrivé…

La pratique du zen demande persévérance et humilité.
C’est une pratique spirituelle qui plonge au cœur de la réalité. Il n’y a jamais d’acquis « une fois pour toutes ».

Chaque instant requiert notre éveil : à chaque instant nous répondons à de nouvelles situations, à chaque instant nous répondons à l’univers entier. Nous pouvons le faire de tout notre cœur, en pleine conscience… L’assise silencieuse dans le dojo se place à la racine, elle nous aide à pratiquer cette voie.

« Arrivé au sommet d’un mat de cent pieds, faites encore un pas de plus »…